Une maladie à causes multiples
Dans environ 90 % des cas, l'hypertension artérielle est dite essentielle (ou primaire) : elle ne résulte pas d'une cause unique identifiable, mais de l'accumulation, sur des années, de facteurs génétiques et de mode de vie qui rigidifient les artères et dérèglent la régulation de la pression. Dans les 10 % restants, elle est secondaire à une maladie précise — rénale ou hormonale le plus souvent — et peut alors parfois se guérir en traitant la cause.
Les facteurs sur lesquels on ne peut pas agir
- L'âge. Les artères perdent naturellement leur élasticité avec le temps : plus de la moitié des personnes de plus de 65 ans sont hypertendues.
- L'hérédité. Avoir un parent hypertendu avant 50 ans augmente nettement le risque de le devenir soi-même. Des dizaines de gènes de prédisposition sont impliqués.
- Le sexe et les étapes hormonales. Avant 55 ans, les hommes sont plus touchés ; après la ménopause, les femmes rattrapent puis dépassent leur niveau de risque.
Connaître ces facteurs ne sert pas à se résigner, mais à savoir qu'une surveillance régulière s'impose — d'autant que l'hypertension ne prévient pas.
Les facteurs sur lesquels vous pouvez agir
- L'excès de sel. Le sodium retient l'eau dans la circulation et augmente le volume sanguin. Les Français en consomment en moyenne 8 à 9 g par jour, contre moins de 5 g recommandés par l'OMS — l'essentiel caché dans le pain, la charcuterie, les fromages et les plats préparés.
- Le surpoids. Chaque kilo supplémentaire sollicite davantage le système cardiovasculaire ; la graisse abdominale, en particulier, s'accompagne d'anomalies hormonales qui élèvent la tension. Perdre 5 kg fait baisser la systolique d'environ 5 mmHg en moyenne.
- La sédentarité. Un système cardiovasculaire peu sollicité régule moins bien la pression. L'activité physique régulière est au contraire un antihypertenseur à part entière.
- L'alcool. Au-delà de deux verres par jour, l'effet hypertenseur est net et dose-dépendant — et contrairement au mythe, le vin rouge n'y échappe pas.
- Le tabac. Chaque cigarette provoque une montée tensionnelle transitoire, et le tabagisme chronique accélère la rigidification des artères.
- Le stress chronique et le manque de sommeil, notamment les apnées du sommeil, maintiennent le système nerveux sympathique en alerte et la tension avec lui.
Les causes secondaires à connaître
Certaines situations justifient de rechercher une cause précise, surtout quand l'hypertension apparaît avant 40 ans, est d'emblée sévère ou résiste aux traitements :
- Maladies rénales chroniques ou sténose d'une artère rénale ;
- Causes hormonales : hyperaldostéronisme, troubles thyroïdiens, phéochromocytome, syndrome de Cushing ;
- Apnées obstructives du sommeil, cause fréquente et sous-diagnostiquée ;
- Médicaments et substances : anti-inflammatoires (AINS) au long cours, corticoïdes, certains décongestionnants, pilule œstroprogestative chez certaines femmes, réglisse en excès, cocaïne.
Ce qu'il faut retenir
- 9 cas sur 10 relèvent d'une hypertension « essentielle », fruit de l'âge, des gènes et du mode de vie.
- Sel, poids, sédentarité, alcool, tabac, sommeil : les leviers modifiables sont nombreux et leur effet s'additionne.
- Hypertension précoce, sévère ou résistante : une cause secondaire doit être recherchée par le médecin.
- Facteurs de risque présents ? Mesurez votre tension régulièrement — vérifiez vos valeurs avec notre outil.
Sources : Inserm, dossier hypertension artérielle ; OMS, hypertension ; ESC/ESH, recommandations ; Santé publique France, étude Esteban.